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Écoute à blanc.Kate McGarrigle nous quitte.Sophie Laforest19 janvier 2010
Kate McGarrigle, qui formait le duo folk québécois Kate and Anna McGarrigle, a succombé à un cancer hier à l’âge de 63 ans.
Oui, Kate McGarrigle est la mère de Rufus et Martha Wainwright; mais elle est avant tout une artiste à part entière. Elle écrivait et composait seule certaines pièces anglophones du duo McGarrigle. Pour les albums en français, elle collaborait à l’écriture en compagnie de sa soeur Anna et du poète canadien Philippe Tatartcheff. Musicienne de talent, elle était à la fois pianiste, guitariste, accordéoniste et jouait également du banjo. Kate et sa soeur auront marqué l’univers folk du Québec (et même du Canada) avec 10 albums et plus de 30 ans de carrière. Elles ont débuté leur carrière musicale dans les années soixante au sein du groupe Moutain City Four en compagnie de deux musiciens folk de Montréal. C’est en 1975 que les soeurs McGarrigle nous offrent leur premier disque, et sans doute le plus populaire; Kate & Anna McGarrigle. Se sont ajoutés à celui-ci 5 autres albums en anglais, deux albums en français et deux albums (The McGarrigle Hour et The McGarrigle Christmas Hour) réalisés en compagnie de nombreux musiciens folk rock. Kate et Anna ont reçu le Juno de l’album roots/traditionnel de l’année en 1997 et 1999 pour leurs albums Matapédia et The McGarrigle Hour. Elles ont également été nommées membres de l’Ordre du Canada et ont reçu le Prix du Gouverneur général en raison de leur carrière remarquable. Aujourd’hui, au-delà de mon admiration pour ces récompenses et pour cette longue carrière musicale, je demeure fascinée par ces femmes qui, trop rarement dans les années 60, décidaient de vivre de musique et de mots. J’ai lu aujourd’hui, à ma grande surprise, que Kate McGarrigle avait un côté rationnel très fort et qu’elle avait fait des études en ingénierie à l’Université McGill. J’ai vu Kate McGarrigle sur scène une fois, au National en juin 2008, alors qu’elle accompagnait sa fille Martha pour la tournée de son 2e album; I Know You’re Married But I’ve Got Feelings Too. Elle y jouait du piano avec un plaisir indéniable. En guise de rappel, Martha a chanté avec sa mère une chanson de cette dernière; Entre Lajeunesse et la sagesse. J’avais aimé les voir partager cette belle complicité sur scène. J’essayais d’imaginer ce que ce devait être de partager une passion si intense; la musique, avec sa mère, sur une scène, devant public. Ce que ce devait être pour Martha d’avoir grandi dans une famille de musiciens (sa mère Kate McGarrigle, ses tantes Anna et Jane McGarrigle, son père Loudon Wainwright, son oncle Sloan Wainwright, son frère aîné Rufus et j’en passe). Kate aura sans doute transmis à ses enfants une passion pour la musique, mais aussi un intérêt vif pour le choix des mots, une sensibilité et un franc parlé palpables; qui, une fois combinés, nous donnent droit à ces textes intelligents qui me plaisent chez Martha, plus spécifiquement, mais aussi chez Rufus Wainwright.
En plus de la musique, Kate aura laissé derrière elle Les Fonds Kate McGarrigle à la Fondation du Centre universitaire de santé McGill. Ces fonds ont été créés en 2008 pour financer la recherche sur le sarcome; cette tumeur cancéreuse rare qui a eu raison de Kate McGarrigle. Pour faire un don (aucun montant minimum imposé) cliquez ici. Depuis quelques années, les McGarrigle/Wainwright organisaient un spectacle des fêtes où les sommes récoltées allaient directement à ces fonds. Lors de son dernier spectacle, A Not So Silent Night qui avait lieu cette année à Londres, Kate a interprété sa nouvelle chanson Proserpina. C’est probablement le contexte, mais l’émotion m’habite à l’écoute de cette chanson; Drôle de coïncidence (hasard malheureux serait sans doute plus approprié), samedi dernier lors d’une brève visite au Colimaçon (dernier disquaire indépendant de Trois-Rivières) j’ai fait l’acquisition du 33 tours Entre la jeunesse et la sagesse des soeurs McGarrigle, mieux connu chez les anglophones sous le nom de French Record (sur lequel se retrouvent certains classiques francophones du duo tels que Complainte pour Sainte-Catherine et Entre Lajeunesse et la sagesse)
Comme il n’est jamais trop tard pour découvrir ou redécouvrir des artistes de grands talents, je vous laisse ces suggestions de titres francophones et anglophones que j’affectionne particulièrement : Excursion à Venise, Cheminant à la Ville, Love Over and Over, Swimming Song… et la superbe reprise de Talk To Me of Mendecino interprété avec Martha et Rufus Wainwright sur l’album The McGarrigle Hour. - Janvier 2010 souffle fort sur la scène musicale, mais n’effacera pas ce que nous auront légué Anna McGarrigle et sa soeur; Kate. « Nous sommes tous fils, filles, rejetons d’épiciers / Nés un jour de solde, élevés à bon marché / Nous sommes pauvres, mais nous somme heureux ensemble / Même si janvier souffle, et la charpente tremble »
4 commentaires
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Écoute à blanc.
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20 janvier 2010
Très bel hommage, Sophie.
L’extrait choisi est lourd de sens…
Est-ce seulement moi ou Kate et Martha disposent d’une voix semblable? Je n’avais jamais remarqué avant d’entendre cet extrait et je les ai presque confondues.
Très touchant…
20 janvier 2010
Oui, en effet, Martha et Kate ont des voix similaires
Mais je pense que Kate usait davantage du vibrato (ou est-ce le trémolo?), mais ça allait avec le style. Merci pour tes mots Ledoux !
22 janvier 2010
Je suis touchee que mon bangbang parle de Kate Mc Garrigle. Bravo Sophie… Je ne crois pas t’avoir rencontree, j’ai momentanement quitte la troupe bangbang/Montreal pour la Nouvelle-Zelande.
Mais je veux juste t’inviter (ainsi que tous ceux qui liront ceci et qui aiment cette famille de musicien(ne)s gigantesques) a ecouter « la vache qui pleure ». Un album francophone assez recent et magnifique des soeurs Mc Garrigle, avec qui j’ai grandi par mon pere…
Salut bangbang people, je suis loin mais je suis encore la…
)
Lau
xxx
25 janvier 2010
Bravo pour vos articles et pour le choix des photos que je ne connaissais pas.
Leurs albums nous ont accompagné dans notre voyage de noces de deux ans à l’université de sherbrooke (1981-1983 recherche en Génie Electrique).
Passion des soeurs McGarrigle qui avait commencé 3 ans plus tôt avec l’album « dancer with bruised knees » que je vous conseille absolument (la basse), et déjà des chansons en français : Blanche, Perrine, des ballades et une énergie terrible.
Et puis je viens de retrouver au dos du premier vinyl « Kate & Anna McGarrigle » tout simplement, 1975, une dédicace à anna qui a gardé le petit RUFUS (je ne sais pas si celui ci la vue!!!)
Nous les avons vues en concert à Montréal en 1982, le summum, le rêve quoi! (j’ai les articles de presse pour qui veut).
Nos 4 enfants (dont le 1er made in Canada..)ont, comme les soeurs, pris l’habitude de chanter et de jouer ensemble dont la version de « over the rainbow » au « hukulele » et « Monday morning 5 am » de Simon et Garfunkel.
Cheer-up Anna! Bravo les soeurs, votre style c’est éternel et si Anna chante quelque chose, seule ou en famille en France ou en UK, on aimerait bien le savoir (Bernard Lenoir sur France Inter a passé 2 chansons mardi dernier, exceptionnel).
Rendez vous à Ste Anne de la Pérade en passant par la vallée de la Matapédia (CD de 1996 , traversée à l’été 2009) pour de nouvelles idées avec une pincée de NaCl; on vous fait de gros becs à tous.
Musicalement vôtres !
Chruss